La mission du gnostique dans le monde moderne – Art.186

Article 186

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La mission du gnostique

dans le monde moderne

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     Par le niveau actuel de leurs évolutions et leurs ouvertures respectives les Sociétés Occidentales constituent cet espace particulier qui caractérise le Milieu Culturel. Au fil des temps, les Systèmes sociaux se détachent en s’éloignant toujours plus de leur Origine commune, le Milieu Naturel (ce que nieront encore certaines disciplines scientifiques).

Bien volontiers dans mes écrits j’évoque cette similitude pouvant être faite entre la Nature et le tronc d’un arbre pris alors symboliquement ; les peuples du monde, par leur diversité, constituent ce foisonnement de branches plus ou moins écartées du tronc qui, lui, donne l’idée de droiture, de rectitude. Cet écartement du tronc, pour chacun de ces peuples – ou branches – est à comprendre en terme de carence d’Amour (Amour avec un grand A). En effet, ce tronc-Nature – ce que j’ai largement décrit dans mon dernier ouvrage « L’Écrit primal : la Gnose » (éd. EDILIVRE. Cf. référence en fin d’article) est à considérer comme cet Amour absolu tant recherché, en vain, par tous les humains, via leurs difficiles et souvent problématiques amours….

Cet Amour peut objectivement être défini (définition inédite) en tant que : fusion des verbes auxiliaires ÊTRE-AVOIR. Notons que cette fusion a donné la notion de Verbe Lumière évoqué dans le Nouveau Testament, Verbe toujours incompris des exégètes et théologiens du monde entier.

– La Gnose –

     De nos jours, la Gnose est totalement ignorée, absente de toutes les Cultures et civilisations modernes; cependant, l’œil averti peut en trouver la trace dans les tribus dites primitives puisque, de tout temps, toute tribu a eu la Gnose pour origine à l’image des branches de l’arbre vis-à-vis de leur tronc commun.

La Gnose est habitée par une Pensée supérieure dont rendirent témoignage, voila plus de 2000 ans, quelques communautés ou sectes du Proche Orient au sein desquelles les hommes – appelés les gnostiquesavaient une conscience bien particulière du monde ; ils ne considéraient pas ce monde comme duel, dialectique (avec d’un côté le Bien et de l’autre le Mal comme dans le manichéisme) mais un monde UNITAIRE. Pour ces communautés, les deux entités (aujourd’hui plus connues sous l’appellation de verbes auxiliaires) initialement Complémentaires, ne formaient qu’UNE SEULE et MÊME entité (idée fondamentale gnostique) qu’il conviendrait au plus vite de retrouver pour ne voir émerger dans les Collectifs sociaux aucun des Maux et Fléaux connus à ce jour. Cette entité unifiée, Tuteur du monde manifesté, voilà aussi ce que les chinois ont représenté par leur Tao qui, par sa puissante métaphysique, est si hermétique à pénétrer pour la Conscience Occidentale.

Cette forme de Pensée – en laquelle DEUX font UN – constituait ce que l’on appelait alors la Connaissance (Elle est souvent symbolisée par le Cercle). Au fil des temps, cette Connaissance eut à subir une dé-com-po-si-tion, un éclatement, qui laissa ainsi apparaître, tout progressivement, la symbolique de l’Étoile où chacune des branches représente une discipline savante majeure. La dimension ou taille de ces branches d’Étoile s’avère être directement liée à cette notion relativement récente d’Intelligence. On notera au passage que cette Intelligence-là, typiquement humaine, produite par cette carence fondamentale d’Amour, est évidemment absente dans la Connaissance et doit être considérée – de ce fait – en termes de pathologies. Toutes les névroses et les psychoses ont pour origine cette Intelligence, ce que le monde savant en général, psychiatrique en particulier, se refuse de reconnaître du fait d’attribuer à cette Intelligence humaine une valeur positive que, fondamentalement, elle n’a pas …

Article 182 - Vous avez-dit "virtuel " ?

LégendeLa Marche du véritable gnostique se fait toujours dans le prolongement du tronc- Nature, de l’Universel, n’empruntant nulle branche de gauche (Spirale Enroulante de ÊTRE, source des Religions) nulles branches de droite (spirales déroulantes de AVOIR par lesquelles s’expriment tous les Savoirs scientifico-politiques).

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Décomposée, la Connaissance engendra donc tous les Savoirs lesquels, carencés en Amour (par définition) montrent aujourd’hui leurs dramatiques et fatales limites avec cette notion de « Mur » si souvent évoquée, contre lequel les Sociétés ouvertes ont la désagréable impression d’aller… s’éclater ! Au passage, je précise que c’est sur ce constat patent que se fondent en Occident les idéologies politiques d’Extrême Droite (le Front National pour la France). Sans la prise de conscience de ce Mur, une telle idéologie extrême ne peut prendre corps.

Le gnostique aujourd’hui.

   Contrairement aux idées reçues largement véhiculées par la Pensée Occidentale, le gnostique n’est pas un individu qui « a la connaissance suprême des mystères de la religion » comme l’affirme le dictionnaire (Le Petit Robert) ou, pire, il n’est pas un individu « qui prétend avoir la connaissance complète de Dieu » (Larousse). Tristes informations qui aident à comprendre pourquoi la Pensée Occidentale est si ignare à ce sujet.

Plus sérieusement, le gnostique (je parle du « vrai » gnostique; non celui dont témoignent des Mouvements emprunts de religions ou maçonniques voire, laïques) est cet homme (ce ne peut être une femme) qui, certes, a la Connaissance mais qui, de ce fait, ne perçoit aucun mystère dans aucune des Religions du monde. Ayant plus que tout mortel cette connaissance (notamment celle du distinguo entre Connaissance et Savoirs; cf. à ce sujet mon article n°05 du 24/04/2009 de mon blog, référencé en fin d’articlele gnostique connaît et, à plus forte raison il sait (Connaître c’est plus que Savoir; c’est du Savoir plus l’Essentiel) par quels Mécanismes psychiques, pathologiques, se construit toute Religion dont le concept final est une vision subjective, donc fausse, d’un Plafond Idéologique appelé « Dieu ».  Chaque Religion possède son Plafond particulier, son Dieu particulier, qui invite certains à la transcendance… mais d’autres, à la guerre ! Toutes les guerres des hommes, toutes, ont toujours eu (en dernière analyse) cette vision personnalisée, subjective – donc fausse ! – de Dieu pour Cause-Première.

Le gnostique est cet homme qui, de tous temps, s’est affirmé être « sans foi ni loi » ; ces deux notions émanent respectivement de ÊTRE isolé de AVOIR (pour la foi) et de AVOIR isolé de ÊTRE (pour la loi) soit, tout aussi respectivement, de la Religion (sphères de ÊTRE) et de la Politique (sphères de AVOIR).

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    Comme tout humain sur cette Terre, j’ai été conçu en la gnose; le ventre maternel étant ce milieu édénique en lequel chacun de nous a pris forme (la femme ne donne pas la vie, elle la transmet par la forme ; nuance) en laquelle nos entités constituantes ÊTRE et AVOIR sont fusionnées.

Par ce que l’on appelle la naissance, parce que quittant le Milieu Naturel pour émerger dans le Milieu Culturel, ces entités se voient contraintes de se séparer engendrant en conséquence la mise en place de Mécanismes psychiques très particuliers, totalement étrangers au règne Animal et par lesquels, donc, l’Intelligence humaine apparaît et se développe. Cette Intelligence humaine c’est elle qui essaie de piloter au mieux (!) les humains dans ce foisonnement de Branches culturelles par lesquelles ils s’éloignent toujours plus du tronc-Nature.

Par mon éducation reçue, j’ai pénétré ces Branches, en ai parcouru même plusieurs des années durant, y exerçant nombre de professions bien différentes en commençant par la navigation au long cours. Ces expériences accumulées aboutirent à une même et sombre conclusion : toutes les branches sociales, parce que finissant en Impasse (notion de Mur), condamnent les humains à s’élever les uns contre les autres, à cultiver un mal-Être croissant (Collectif et Individuel) qui conduit inévitablement aux conflits guerriers, au terrorisme, etc. en passant par l’expression de Maux et Fléaux sociaux dont lorigine, la cause-première et la raison d’être échappent à la conscience savante et tout particulièrement à celle des responsables politiques.

Habité dès l’adolescence par un désir farouche de résolution de ces « problèmes » sociaux je me suis mis à vouloir percer le mystère de ces Mécanismes psychiques qui condamnent les humains à s’entre tuer et à s’autodétruire plus lentement (!) via le Progrès. C’est ainsi que par un certain cheminement intellectuel (connu du monde psychiatrique) j’ai vécu une Régression psychique ; autrement dit, de ma simple branche personnelle j’ai laissé redescendre sa « sève vitale » en quête, par cette descente, de la Source originelle qui, in fine, s’est avérée être… la Gnose !

Cette Régression psy, effectuée en solitaire et autodidacte, a pu être exceptionnelle car « totale » (idée de Descente aux Enfers) du fait de n’avoir connu à ma naissance ni père ni mère. En effet, dans toute Régression les géniteurs jouent le rôle de sécurité, de barrage, de vanne anti-retour pour la « sève » qui ne peut alors faire cette dangereuse marche arrière. Ce phénomène que j’évoque ici est encore méconnu du monde scientifique quand il est ainsi effectué en totalité ; par exemple, il fut impossible pour S.Freud de le vivre lui qui, pour l’effectuer, eut dû remettre en question la religion de ses géniteurs, le Judaïsme. Ce qu’il s’est interdit. A 38 ans, j’ai donc découvert la Gnose, ouvert les Yeux sur son universalité, comprenant alors les évolutions humaines de ce Bas monde qui dérivent tous azimuts à cause de l’ignorance de cette Source originelle. En effet, l’Homme ne sait « où il va » du seul fait de cultiver l’ignorance de sa Gnose originelle.

A ce moment-là et par cette prise de conscience exceptionnelle, plusieurs orientations s’offrent à la Pensée de l’Éveillé. Soit c’est quitter le monde des humains comme, sous d’autres latitudes et époques, le firent Laotseu et Bouddha ; notons au passage que tous deux avaient eu des situations sociales qui les préservaient des difficultés matérielles. Aujourd’hui, nous dirions qu’ils étaient assez riches et on pu, de ce fait, orchestrer une confortable retraite. Pour des esprits fragiles, cette régression peut conduire au suicide (…). Soit encore, ce peut être un retranchement dans quelque monastère pour y finir sa vie dans le recueillement. Soit aussi (tel fut mon cas), voir naître en soi l’idée de « mission » qui implique de porter aux Autres … la Bonne Nouvelle.

Cette voie n’est pas la plus confortable car après avoir découvert cet Éden originel, ce tronc universel, je suis revenu « en branches » parmi les miens pour rendre témoignage (notion ici de mission) de cette Origine perdue de vue depuis tant de siècles. J’ai alors pu observer que personne ne voulait vraiment en entendre parler. Elle n’interpelle pas. Plus encore, mes propos semblaient emprunts d’une assurance péremptoire, peu usuelle, intolérable aux oreilles de mes prétendus semblables, sourdes à ce Référentiel Gnose. Parler, témoigner de la Perfection (la Gnose) dans un monde humain l’imperfection domine et surtout fait recette, rend tout à fait suspect tout missionnaire dont les idées sont alors perçues de travers, travesties, soupçonnées de quelques arrières pensées, voire même enrobées d’hypocrisie. Nous avons là une claire expression de la Paranoïa où l’individu vivant en branche, le branchu, le tordu, ne peut s’empêcher de voir pareillement tordu ce Redresseur (le gnostique) qui témoigne de la Droiture, de la Rectitude du Tronc.

Les propos qui parlent de cette Unité ancestrale (dépouillés de toute religiosité comme de tout penchant politique) en lesquels seul domine l’Intérêt Collectif, sont perçus comme douteux par celles des Personnes toujours plus éprises d’individualisme. dans l‘incessante profusion du Langage, l’homme moderne ne perçoit pas la salutaire Richesse contenue dans le Silence…

Cette mission très particulière s’apparente à l’Impossible auquel nul n’est, paraît-il, tenu comme le prétend une certaine maxime. Le défi est ouvert, lancé. L’Avenir tranchera.

                                                                                                                                                                                                   Ré, octobre 2015

Jean S. Dallière

Psychanalyste fondamental, gnostique

adresse mail jeansidal@orange.fr

http://www.edilivre.com/l-ecrit-primal-la-gnose-jean-dalliere.html

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