Posts Tagged ‘raison d’être de la Musique’

La Musique, sa raison d’être (art.136)

vendredi, avril 27th, 2012

– Article 136 –

Raison d’être de  la Musique

(Analyse fondamentale)

-:-:-:-

      Avant propos –  A toutes fins utiles, je rappelle qu’une analyse fondamentale se veut être un Regard – tout à fait inhabituel, voire indigeste (!) pour tout lecteur normal, classique – Regard qui ne comporte ni émotion ni sentiment, aucune expression de l’ego, aucun parti pris, aucune complaisance pour quiconque ni pour quoi que ce soit, aucun « intérêt » (au sens social d’Aujourd’hui où tout doit être intéressant commercialement parlant), un minimum de savoirs donc un maximum de Connaissance et ce, afin d’assurer la plus grande adhésion possible à l’Objectivité – seule Vérité qui soit –  laquelle est représentée dans mes schémas symboliques par le Tronc-Gnose, c’est-à-dire la Nature au sens cosmique, universel.

-:-:-:-

     Par cet écrit je réponds à Jean-Michel – français habitant Odessa – lecteur de mon weblog, dont je recevais dernièrement quelques critiques et commentaires constructifs qui, en tant que Compositeur, m’a posé cette pertinente question : « Quelle place occupe la musique dans votre interprétation du monde ?« . C’est ainsi que j’ai remarqué n’avoir effectivement jamais abordé ce sujet que je ne prétends pas développer ici. Je ne suis d’ailleurs pas compétent pour cela, le Savoir y étant largement impliqué.

Pour traiter objectivement, soit fondamentalement, de la raison d’être de la Musique au sein de l’espèce Homme (ce qui m’est plus abordable) je ne vais évidemment pas me placer sur une des branches culturelles – si diverses Aujourd’hui ! – ce qui serait stérile car, à la lecture de mes écrits, mon lecteur sait – et peut-être même, maintenant, connaît ! – que les branches culturelles sont obligatoirement habitées par la Dialectique, soit par la Subjectivité (synonyme d’Erreur) qui ne concerne pas du tout la Pensée gnostique donc pas le gnostique que je suis.

Il peut alors m’être rétorqué : «  dans ce cas là, la Pensée gnostique… elle nous indiffère puisqu’elle ne nous concerne pas individuellement « . Cette éventuelle remarque peut sembler de bonne guerre mais les pensées subjectives des humains – la très grande majorité – qui habitent ces branches ne défient pas le Temps. A la fin de leur vie, leurs pensées sont aussitôt oubliées, envolées, tandis que celles du gnostique – ne vous en déplaise – défient le Temps et donc les millénaires. C’est pourquoi je n’écris pas exclusivement pour mes contemporains mais beaucoup plus pour celles et ceux qui composeront les siècles à venir. C’est dans cet esprit là que vit tout véritable gnostique.

Voila donc ci-après, légèrement enrichie, la réponse que j’ai apportée à ce lecteur que je salue au passage et remercie à nouveau pour son contact.

-:-:-:-

     Initialement, l’Homme vivait avec tous les autres animaux de son temps au sein de la Nature soit en ce Milieu où la Conscience est dite « simple ».

La prise de conscience simple des phénomènes signifie que les cerveaux sont en incessante fusion avec le Temps Présent, Temps qui est synonyme de Connaissance mais aussi d’éternité puisque la conscience d’autres temps n’existe alors pas.

Je rappelle qu’un cerveau qui vit le Temps Présent signifie qu’il est habité par la fusion ÊTRE-AVOIR, fusion qui est synonyme d’Unité Primordiale ou encore de Verbe-Lumière. L’exemple basique que l’on peut donner pour illustrer la prise de conscience simple de l’animal est : l’animal mange, saute, se blesse, souffre, court, etc.  La suite est sensée éclairer.

Chassé de la Nature, l’Homme – en fait son cerveau – se vit coupé du Temps Présent.

Ceci est l’effet majeur en conséquence duquel son cerveau se mit alors à prendre conscience DOUBLE des phénomènes et ce, suite à un clivage qui généra ce que j’appelle la Schizophrénie fondamentale. C’est l’Unité Primordiale ÊTRE-AVOIR qui est alors devenue ÊTRE et AVOIR, clivage qui coupa quasi irréversiblement le cerveau de l’homme du Temps Présent l’obligeant à développer – en lieu et place de ce Temps édénique – DEUX autres « registres », deux autres Temps : le Passé et le Futur.

Bien comprendre (j’insiste sur ce point) que, contrairement à la croyance générale, le cerveau de l’Homme – celui du commun des mortels – ne peut plus être « branché » au Temps Présent. Seules quelques rares personnes peuvent y parvenir en débutant par un exercice – très mal connu de la Pensée Occidentale – qui s’appelle la méditation (se référer à mon article « Distinguo entre Prier et Méditer » du 15-05-2009).

Chassé du règne Animal, le cerveau de l’Homme prit donc conscience DOUBLE de tous les phénomènes. Ce qui, pour reprendre les mêmes verbes que précédemment, s’est traduit par la formulation : l’homme sait qu’il mange, il sait qu’il saute, qu’il court, qu’il souffre, etc. etc.

  • Dans le cas de la blessure
  • (comme pour tous les autres cas) 
  • c’est ce savoir qui devient synonyme de souffrance, 
  • qui devient sa Source 
  • non la blessure elle-même.

Pour évoquer ce type de souffrance que provoque le Savoir, la Bible prend le cas de l’accouchement de la femme;  savoir et souffrance qui, encore une fois, sont totalement étrangers à la Nature.

Le Mécanisme de prise de conscience double est à comprendre donc comme un recul que prend le cerveau sur l’évènement qu’il est en train de vivre, recul qui, à lui seul, est affaire de laps de Temps qui ne permet plus la saisie de l’instant Présent. Ce laps de temps, infime, estimé inexistant par certains, s’intercale toujours chez l’Homme – tel un coin à fendre le bois – entre la pensée et l’acte, comme entre l’acte qu’il effectue et sa prise de conscience et ce, de telle sorte que, encore une fois, le Temps Présent lui est « interdit ».

C’est aussi ce recul, soulignons-le au passage, qui permet l’acte manqué !

Un exemple musical justement : quand, après avoir travaillé et répété une œuvre musicale tant d’heures, un virtuose joue son morceau de violon, de piano ou autre instrument, il ne peut pratiquement pas faire de fausses notes, il joue concentré, il joue « par cœur ». La fausse note peut se produire au moment où il se met à réfléchir à ce qu’il joue car alors, il prend du recul sur son jeu, recul qui est déjà, vis-à-vis du Temps Présent, une fausse note !

  • Note – L’expression « par cœur » n’implique pas du tout l’organe vital du corps, il veut dire tout autre chose. Il implique ce à quoi personne ne pense (et pour cause, puisque la Pensée en est exclue !), il implique plus qu’une concentration, il implique la fusion, celle de ÊTRE-AVOIR. C’est cela le « cœur ». Le synonyme parfois employé (notamment dans la Bible) pour signifier cette idée est aussi :  « Os », « Verbe-Lumière », etc. Mais il en existe d’autres.

L’accumulation des vécus de l’homme, vécus qui sont du domaine des savoirs, va constituer une Mémoire qui, au fil des millénaires, sera de moins en moins Naturelle pour être de plus en plus Culturelle.  J’invite ici mon lecteur intéressé par le syndrome d’Alzheimer, où cette perte de mémoire est un des symptômes, à lire mes écrits à ce sujet (articles  n°36,37 et 38 de juin 2009).

Le Temps Présent est synonyme d’Absolu donc d’Amour avec un grand A, soit synonyme de fusion ÊTRE-AVOIR laquelle fusion, par ce clivage fatal, va générer DEUX, deux entités ÊTRE et AVOIR.

Conséquemment à ce clivage, l’Homme évolua, via les branches, en carence croissante d’Amour.

Mais la Musique dans tout cela ?

Pour tenter de Compenser cette carence, la Parole (qui découle directement des Mécanismes de la Pensée soit de AVOIR détaché de ÊTRE) est venue comme pour tenter de combler ce Vide qui se créait alors entre la Verticale du Tronc-Nature (ou Gnose) et les branches humaines qui, ensemble, constituent le Milieu Culturel.

Cette forme de compensation par ces verbes dits Auxiliaires (l’homme ne se pose pas la question de savoir « mais, auxiliaires de quoi ?, de qui? »)  fut très vite ressentie par certains hommes comme insatisfaisante, carentielle, frustrante même.

C’est alors que la Musique vînt s’intercaler – tel un Langage se voulant supérieur, en incessant perfectionnement – entre les Branches culturelles (la Parole) et cette Verticale d’Amour absolu.

Ce perfectionnement de la Musique – judéo-chrétienne pour la Pensée Occidentale – a atteint un sommet par les compositeurs dits « classiques » dont les plus connus  sont Bach, Beethoven, Mozart, et combien d’autres. Ces hommes, ces compositeurs, furent interprétés, compris, tels des traits d’union entre l’Homme et Dieu. On en vînt même à penser, et maintenant à dire, que « Bach est la preuve de l’existence de Dieu« . Que vienne à disparaitre le Judéo-christianisme et c’est, de facto, toute cette prétendue belle musique qui disparaitra définitivement. Dans son aspiration des sommets, la Musique est inévitablement religieuse, c’est-à-dire à tendance non seulement transcendantale mais reliante. Elle aspire au Tronc-Gnose dont bon nombre de compositeurs ont, sans le savoir, la Nostalgie !

Mais là, fut commise par l’Homme une Erreur monumentale du fait – voulu ignoré – d’avoir confondu Dieu (qui est une pathologie en étant l’aboutissement de la Branche maîtresse « Être ») au Tronc-Gnose (tous les textes de mon web site en témoignent).

Dieu, en tant que produit de la Dialectique (synonyme d’Erreur, de ÊTRE isolé de AVOIR) induit automatiquement son opposé complémentaire : Diable (il est AVOIR isolé de ÊTRE). Il n’est aucun véritable Sommet au sein de Branches; d’où ces pathétiques, émouvants, vains et désespérants élans, transports, – en l’occurrence musicaux –  vers un Haut inaccessible à l’Homme « normal ». Comme la toile du peintre en quête légitime d’Absolu, l’œuvre du compositeur ne peut le laisser que dans un trouble Sentiment, celui de l’inachevé, de l’imperfection, de l’insatisfaction. Une Œuvre – quelle qu’elle soit – qui se veut ou se dit achevée se condamne d’elle même à être Imparfaite.

Il va sans dire que la Pensée humaine est et restera échec et mat tant qu’Elle demeurera prisonnière de la Dialectique.

-:-:-:-

    Certains hommes ont intuitivement ressenti cette Impasse, cette Impuissance, cette pathologie aussi (être musicien c’est entretenir une pathologie qui ne fait normalement de mal à personne), cette Erreur aussi, ce « touché le Plafond » de la Musique que je qualifie d’organisée (par de savantes Harmonies) et c’est comme en réponse réactive à cela que le JAZZ – surtout par Souffrances existentielles d’un peuple Noir – vit le jour en dé-com-po-sant toute Composition classique car, le Non-composé – le Non Savoir – rapproche encore plus de cette Verticale absolue, rapproche plus du temps Présent; ce que connaissent bien les adeptes du TAO, les  Bouddhistes avec leurs musiques « incompréhensibles », etc.

Plus pathétiques encore sont ces émissions de télévision qui consistent à plaquer des mots, des commentaires, du langage, des images, etc. sur la musique dite classique comme si on voulait mettre les deux expressions en parallèle et/ou sur un même plan. Rien n’est plus aberrant. En réalité, la Musique ne veut surtout rien Dire; elle veut juste (…) permettre le dépassement de l’altitude du Langage humain, l’altitude de ses strates. Faire de tels commentaires par de telles émissions est réducteur, c’est opérer une triste Régression de ce « trait d’union », la Musique étant une aspiration à la transcendance (qui est ÊTRE) – quand ce n’est pas à la Rédemption ! –  via la sublimation (qui est AVOIR ; ici, la forme musicale) avec, pour finalité : l’ineffable fusion des deux, ÊTRE et AVOIR  (tentatives d’élévation de l’âme).

Oui,  vouloir mettre des mots sur la Musique est réducteur, c’est une sorte d’injure faite à la Musique qui a pour raison d’être l’élévation du verbe de l’Homme, l’élévation de son Langage tant Verbal que Comportemental.

Sans toutefois oublier que la Musique supérieure est le Silence du monde comme l’Écrit supérieur est la feuille blanche (dans l’idée où ce « Blanc » n’est pas associé à une couleur).

En résumé nous devons comprendre que :

1°/  le verbe de l’Homme – sa forme de Pensée, les Langues de la Terre – est culturellement impuissante à saisir l’Absolu (= fusion de ÊTRE-AVOIR dans laquelle se trouve tout Animal. Je pense ici à Hélène GRIMAUD, cette virtuose du piano si attachée au Loup soit à un émissaire de cette fusion de l’Absolu tant ignorée). Une Branche ne peut saisir le Tronc de l’Arbre en restant Branche contrairement aux exemples apparents que donne la Nature. La Branche culturelle a le pouvoir de redevenir Tronc par convergence suivie du fusionnement de la Transcendance avec la Sublimation (Sujet déjà développé par mon article n°20 du 15-06-2009).

2°/ Ressentant que « quelque chose » est au dessus de lui (pathologie appelée Paranoïa Collective) l’Homme créa le concept de Dieu – et donc, conséquemment, celui de Diable – qu’il se mit à adorer, devant lequel il se prosterna et se prosterne toujours pour son plus  grand Malheur.

– 3°/ L’Homme « travailla » plus sa Musique (Bach, Beethoven, Mozart, etc.) que son verbe pour tendre vers Dieu, pour Lui « parler » d’ici-bas, voire, pour implorer son pardon (rapport au Péché Originel de l’Homme).  Par ce moyen de Dire – si belle soit sa musique –  l’Homme a tout faux, l’Absolu n’étant pas « organisé » en Langage. Une suite non organisée de notes musicales – soit ne voulant rien dire aux oreilles de la Conscience humaine – voila une approche de l’Absolu. Une approche seulement.

-:-:-

    Par cet écrit, je suis conscient d’avoir retiré à la Musique (quelle qu’elle soit) toute sa poésie, toute sa dimension qui permet le transport de l’âme humaine, laquelle demeure une âme de Branche. Or, la véritable Âme – celle Naturelle, Cosmique, Universelle – celle à laquelle aspire l’humain en quête d’Absolu, n’est pas du domaine des sphères culturelles.

Les Notes cosmiques de l’Absolu sont indifférentes aux harmonies de l’Homme.

Assurément, ce n’est pas très drôle la Pensée gnostique va penser mon lecteur…

Parole du gnostique Jean S. Dallière
Psychanalyste fondamental (de l’Humanité à l’Individu)

Pour contact et/ou commentaire  e-mail : jean.dalliere@orange.fr

You are on the French web site http://blogapart.freehostia.com